Chatte blanche, chatte sans tache, Je te demande, dans ces vers, Quel secret dort dans tes yeux verts, Quel sarcasme sous ta moustache.…
Charles Cros naît le 1er octobre 1842 à Fabrezan dans l’Aude. Passionné de littérature et sciences, il est à la fois inventeur, poète et écrivain humoristique. De 1860 à 1863, il travaille comme professeur de chimie à l’Institut parisien des sourds-muets et commence des études de médecine, qu’il abandonne rapidement pour se concentrer sur la recherche scientifique et littéraire. Tout au long de sa vie Cros mêle intimement sa vie mondaine et sa carrière de chercheur. Il se concentre en parallèle sur des travaux théoriques en photographie et en enregistrement et sur l’écriture de poésie d’avant-garde. En tant que scientifique il travaille sur les enregistrements sonores. C’est à lui qu’on attribue le mérite d’en avoir décrit les principes du phonographe dans une note adressée à l’Académie des Sciences en 1877. Il développe aussi diverses méthodes de traitement des couleurs en photographie, ce qui lui vaut d’être considéré comme le père des photos en couleur. Il contribue également à l’amélioration de la technologie télégraphique. Il travaille à la conception d’un télégraphe automatique, qu’il présente à l’Exposition universelle de 1867. En tant qu’homme de lettres il fait partie de tous les groupes parisiens de bohème littéraire plus ou moins marginaux de l’époque. Il fréquente plusieurs salons littéraires parmi lesquels le salon de Nina de Villard qui sera sa maîtresse jusqu’à son mariage en 1878. Ses amis s’appellent Verlaine, Coppée, Villiers de L’Isle-Adam, Richepin, Germain Nouveau et Rimbaud. Cros écrit des poèmes d’une harmonie précieuse et délicate. Sa poésie, à travers un langage lyrique et rythmé et une imagerie saisissante, parvient à évoquer pleinement ses sensations et ses émotions. Son recueil « Le Coffret de santal » (1873) est salué par Paul Verlaine, et Le Fleuve (1874), long poème en vers alexandrins, est illustré d’aquarelles d’Édouard Manet. Malheureusement, l’œuvre poétique de Cros n’a pas été aussi récompensée et reconnue que ses inventions. Ce génie aux nombreuses passions meurt à Paris le 9 août 1888, découragé et alcoolique. En hommage à ses travaux sur les enregistrements des sons, depuis 1947, sont décernés les Grands Prix Internationaux du Disque de l’Académie qui porte son nom. Les poèmes de Charles Cros
Charles Cros şiirleri
Pourquoi, tout à coup, quand tu joues, Ces airs émus et soucieux ? Qui te met cette fièvre aux yeux, Ce rose marbré sur les joues ?…
Au comte de Trévelec. Endormons-nous, petit chat noir. Voici que j’ai mis l’éteignoir…
Beau corps, mais mauvais caractère. Elle ne veut jamais se taire, Disant, d’ailleurs d’un ton charmant, Des choses absurdes vraiment.…
Il est des diamants aux si rares lueurs Que, pris par les voleurs ou perdus dans la rue, Ils retournent toujours aux rois leurs possesseurs. Ainsi j’ai retrouvé ma chère disparue.…
Ma pensée est une églantine Eclose trop tôt en avril, Moqueuse au moucheron subtil Ma pensée est une églantine ;…
J’ai trois fenêtres à ma chambre : L’amour, la mer, la mort, Sang vif, vert calme, violet.…
À Eugène Zerlaut. Voici le matin ridicule Qui vient décolorer la nuit,…
À ma mère. La blessée est contre un coussin Trempé du sang de la blessure…
À Mademoiselle Hjardemaal. Elle avait de beaux cheveux, blonds Comme une moisson d’août, si longs…
La robe de laine a des tons d’ivoire Encadrant le buste, et puis, les guipures Ornent le teint clair et les lignes pures, Le rire à qui tout sceptique doit croire.…
A May Une salle avec du feu, des bougies, Des soupers toujours servis, des guitares,…
À Monsieur Ernest Legouvé. Ravi des souvenirs clairs de l’eau dont s’abreuve La terre, j’ai conçu cette chanson du Fleuve.…
Le russe est froid, presque cruel, L’allemand chuinte ses consonnes ; Italie, en vain tu résonnes De ton baiser perpétuel.…
L’automne fait les bruits froissés De nos tumultueux baisers. Dans l’eau tombent les feuilles sèches…
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