Fata temporum

F Francis Etienne Sicard
0 Altın Yaprak
A l’écheveau des jours, il attache la nuit, En ourlant le matin d’un galon de lumière, Puis coule lentement le long des cimetières Vers un soir dont il éteint la flamme, à son huis. Aiguisé à ses griffes, son silence enfouit Tous les secrets chassés, à grands coups d’étrivières, De la bouche des rois aux lèvres des meunières, Dont il ronge la peau aux margelles des puits. Son or sonne le glas et se fond au néant Des gouffres d’univers où se gonfle le feu Des étoiles à naître et de leurs parements, Et si son règne dure depuis l’éternité, C’est qu’il nourrit sa chair de la soif de nos yeux, Car le Temps est un ogre au visage de fée.

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