Bouquetière

F François Coppée François Coppée
0 Altın Yaprak
Un maître, de qui la palette Se plaisait aux sombres couleurs, A peint un élégant squelette Portant un frais panier de fleurs. Près de lui la danse macabre, Comme les plis d’un noir drapeau, Ondoie ; et reîtres à grand sabre, Écoliers la pipe au chapeau, Moines chauves, rois lourds d’hermine, Bourgeois à ventres de bedeaux, Mendiants fiers de leur vermine, L’emplâtre à l’œil, la loque au dos, Tous passent, enlaçant des filles, Ou marchant d’un air rogue et sec, Ou clochetant sur des béquilles, Au son du fifre et du rebec. Pourtant la bande tout entière Suspend sa danse et son caquet Devant la maigre bouquetière, Et chacun lui prend un bouquet. Vieil artiste mélancolique, Quels sont ces fous ? Dans quel dessein Cachent-ils comme une relique Ces fleurs mortelles dans leur sein ? Je ne sais. Mais sur ma poitrine, Souvenir des amours défunts, Une fleur jadis purpurine A vécu ses derniers parfums. Ainsi qu’on fait d’une amulette, Je la garde là, mais j’en meurs : Et je songe au morne squelette Prodiguant ses funèbres fleurs.

Kamu malı: şairin ölümünün üzerinden 70 yıldan fazla geçti.

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