Pour saluer Giono7

J Jacques Viallebesset
0 Altın Yaprak
S’il devait venir ce serait une nuit extraordinaire Les touffes d’étoiles brillaient avec des racines d’or Quand il me montra du doigt la constellation d’Orion Je reconnus le professeur d’espérance que j’attendais La jeunesse c’est la passion de l’inutile nous dit-il Et il ensemença de pervenche les champs et les cœurs Si nous savions vivre conscients nous ne serions malades De ce trop de sang amer au lieu du sang de miel doux Il ramena un cerf qui courait libre parmi nous Et des biches aux cils pleurant de manque d’amour Dans la tendresse des herbes et l’humus des forêts Parce qu’il voulait que la joie demeure pour tous Il fit sourdre aux corps des tambours de danse Comme la cadence forte du sang dans les artères Et l’on sentit la joie aussi inépuisable que l’air Réveillant en nous le trop grand appétit de vivre Une bergère seule savait sans vraiment savoir Elle portait en elle la joie des gestes naturels Ne parlait pas la langue menteuse des hommes Mais en initiée celle des agneaux et des oiseaux Chacun ne peut atteindre que la joie qu’il comprend Les passions humaines ont encore les batailles au cœur Et la violence toujours engendre la mort et le malheur Alors qu’il faudrait que la joie fût tranquille et paisible Alors lucidement désespéré il avança dans l’orage La foudre lui planta un arbre d’or dans les épaules Et il éclata dans la nuit comme une étoile perdue Je l’attendrais pour revivre espérant son retour.

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