Les voleurs et l’Ane

J Jean de La Fontaine Jean de La Fontaine
0 Altın Yaprak
Pour un âne enlevé deux voleurs se battaient : L’un voulait le garder; l’autre le voulait vendre. Tandis que coups de poing trottaient, Et que nos champions songeaient à se défendre, Arrive un troisième larron Qui saisit maître Aliboron. L’âne, c’est quelquefois une pauvre province : Les voleurs sont tel ou tel prince, Comme le Transylvain, le Turc et le Hongrois. Au lieu de deux, j’en ai rencontré trois : Il est assez de cette marchandise. De nul d’eux n’est souvent la province conquise : Un quart voleur survient, qui les accorde net En se saisissant du baudet. Jean de La Fontaine Les Fables, 1668

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