Aurore

J Jules Breton
0 Altın Yaprak
La glèbe, à son réveil, verte et toute mouillée, Autour du bourg couvert d’une épaisse feuillée Où les toits assoupis fument tranquillement ; Dans la plaine aux replis soyeux que rien ne cerne, Parmi les lins d’azur, l’oeillette et la luzerne, Berce les jeunes blés pleins de frissonnement. Sereine et rafraîchie aux brumes dilatées, Sous l’humide baiser de leurs traînes lactées, Elle semble frémir dans l’ivresse des pleurs, Et, ceinte des trésors dont son flanc large abonde, Sourire à l’éternel époux qui la féconde, Au grand soleil qui sort, vibrant, d’un lit de fleurs. L’astre vermeil ruisselle en sa gerbe éclatante ; Chaque fleur, alanguie aux langueurs de l’attente, Voluptueusement, vers le foyer du jour Tourne sa tige et tend son avide calice, Et boit ton charme, Aurore, et rougit de délice… Et le germe tressaille aux chauds rayons d’amour. Juillet 1871.

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