Complainte du pauvre corps humain

J Jules Laforgue
0 Altın Yaprak
L’Homme et sa compagne sont serfs De corps, tourbillonnants cloaques Aux mailles de harpes de nerfs Serves de tout et que détraque Un fier répertoire d’attaques. Voyez l’homme, voyez ! Si ça n’fait pas pitié ! Propre et correct en ses ressorts, S’assaisonnant de modes vaines, Il s’admire, ce brave corps, Et s’endimanche pour sa peine, Quand il a bien sué la semaine. Et sa compagne ! allons, Ma bell’, nous nous valons. Faudrait le voir, touchant et nu Dans un décor d’oiseaux, de roses ; Ses tics réflexes d’ingénu, Ses plis pris de mondaines poses ; Bref, sur beau fond vert, sa chlorose. Voyez l’Homme, voyez ! Si ça n’fait pas pitié ! Les Vertus et les Voluptés Détraquant d’un rien sa machine, Il ne vit que pour disputer Ce domaine à rentes divines Aux lois de mort qui le taquinent. Et sa compagne ! allons, Ma bell’, nous nous valons. Il se soutient de mets pleins d’art, Se drogue, se tond, se parfume, Se truffe tant, qu’il meurt trop tard ; Et la cuisine se résume En mille infections posthumes. Oh ! ce couple, voyez ! Non, ça fait trop pitié. Mais ce microbe subversif Ne compte pas pour la Substance, Dont les déluges corrosifs Renoient vite pour l’Innocence Ces fols germes de conscience. Nature est sans pitié Pour son petit dernier.

Kamu malı: şairin ölümünün üzerinden 70 yıldan fazla geçti.

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