Le Départ

L Louise Ackermann Louise Ackermann
0 Altın Yaprak
Il est donc vrai ? Je garde en quittant la patrie, Ô profonde douleur ! un cœur indifférent. Pas de regard aimé, pas d’image chérie, Dont mon œil au départ se détache en pleurant. Ainsi partent tous ceux que le désespoir sombre Dans quelque monde à part pousse à se renfermer, Qui, voyant l’homme faible et les jours remplis d’ombre, Ne se sont pas senti le courage d’aimer. Pourtant, Dieu m’est témoin, j’aurais voulu sur terre Rassembler tout mon cœur autour d’un grand amour, Joindre à quelque destin mon destin solitaire, Me donner sans regret, sans crainte, sans retour. Aussi ne croyez pas qu’avec indifférence Je contemple s’éteindre, au plus beau de mes jours, Des bonheurs d’ici-bas la riante espérance : Bien que le cœur soit mort, on en souffre toujours. Paris, 13 septembre 1838.

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