Éloge de l’ombre

L Luc Fayard
0 Altın Yaprak
bien sûr il a fallu que naisse la lumière mais ensuite l’oublier définitivement ne garder que les demi-teintes et surtout les jeux les renvois les non-dits les bégaiements avancer sur le côté balbutiant laisser l’âme s’émouvoir de l’obscur le cœur du soupçon d’un remous quand ils fanfaronnent les mots eux-mêmes sont vides les yeux ne parlent que dans le vague le sourire s’embellit de l’énigmatique contempler les aspérités pour ne pas s’en blesser lancer les perspectives en flèches vers les frondaisons dansantes ne rien croire d’abord tout imaginer écouter le vent quand il trouble la pluie profiter de la fraîcheur entre jour et nuit quand la vie prend le goût d’un grain de sel glissant sur la peau lentement de l’amour ne retenir que ses frôlements les débuts les bruissements les senteurs de jeunesse les longs silences rapprochés l’attente poignante de la rencontre l’éternité de l’instant dans la nature et dans l’homme étudier sans cesse le meilleur contraste la ligne de fuite évasive et décidée qui dessine l’arrière-plan dans les mystères brumeux déformer la silhouette du temps celle des passants et de l’espace suivre les traces des fantômes blancs et sentir la liberté t’envahir à pas de géant Hommage à Junichiro Tanizaki

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