La sauge écarlate

N Nérée Beauchemin
0 Altın Yaprak
Ô belle sauge, quel émoi Épanouit, gonfle, dilate Le cœur de ta fleur écarlate ? Sauge vermeille, dis-le-moi. Quel soleil, toi qui, si petite, Souriais à peine, à travers Le voile à jour des gazons verts, Te fit grande et fière, si vite ? Saugette, garde le secret De ta merveilleuse légende ; Ne réponds pas à ma demande. Pardonne-moi d’être indiscret. Laisse-moi, sur un fil de lyre, Fleur de miracle, transposer En rythmes doux comme un baiser, Ce qu’un livre d’or m’a fait lire. Or, en un grand désert, là-bas, Une pauvre femme inconnue, Tomba sur une fleur menue, Avec un enfant dans les bras. Cette humble femme, on le devine, Qui cachait l’enfant dans son sein, Et que poursuivait l’assassin, Oh ! c’était la Mère divine. Sauve-nous ! Sauve-nous tous deux ! Sauve au moins l’Enfant que je porte. Ta feuille est petite. Qu’importe ! Jésus le veut et je le veux. Et soudain, la peur, ô merveille, Transformée en buissons touffus, Devint pour Marie et Jésus, Une cachette sans pareille. Belle sauge, ce sont les pleurs De la Vierge qui t’ont sacrée Toi la sainte, la vénérée, Et la plus pieuse des fleurs.

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