Il faut se souvenir. Tu revenais de trop loin. Toi l’homme du lointain. Si loin que rien en toi ne résonnait humain. La barbe trop longue, le chapeau de feutre, presque en accordéo…
Les poèmes des riens tout juste quelques cœurs Dès la naissance Dispersés dans le souffle du temps Nos menteurs mots…
Nous sommes de la même épaisseur L’eau, l’air et la vapeur Pareils adossés à la même hauteur…
Dans cet espace dévidé D’une ligne confuse Et opaque c’est là…
Comme pour éviter la page cornée Ce qui ferait ombrage à cette innocente feuille de papier D’avoir en un coin une corne Or le marque page…
Le soir les pieds pis que ceux d’une vigne La voix cassée Et des pensées d’un même murmure…
Ils s’assemblent souvent, pour combattre Les affres de l’oubli tenace Sur leur canne, dans un regard fugace Nos vieillards se souviennent sans se battre…
Je perçois sous tes traits un vague et lent retrait Je peux te rencontrer Ton sommeil d’Égypte est un lourd, profond grand trait Que je ne puis supporter…
Cette nuit comme nuit Ai l’esprit Ni ici ni là En raison…
La première neige accrochée à une branche Illumine l’arbre et l’ancien gazon Elle dit une contrée où tout se range Selon une même ligne d’horizon…
Une brève lecture Lignes trouées cherche-t-elle À combler les vides comme un rébus Ou de mots croisés…