La nue

T Théophile Gautier
0 Altın Yaprak
A l’horizon monte une nue, Sculptant sa forme dans l’azur : On dirait une vierge nue Emergeant d’un lac au flot pur. Debout dans sa conque nacrée, Elle vogue sur le bleu clair, Comme une Aphrodite éthérée, Faite de l’écume de l’air. On voit onder en molles poses Son torse au contour incertain, Et l’aurore répand des roses Sur son épaule de satin. Ses blancheurs de marbre et de neige Se fondent amoureusement Comme, au clair-obscur du Corrège, Le corps d’Antiope dormant. Elle plane dans la lumière Plus haut que l’Alpe ou l’Apennin ; Reflet de la beauté première, Soeur de « l’éternel féminin ». A son corps, en vain retenue, Sur l’aile de la passion, Mon âme vole à cette nue Et l’embrasse comme Ixion. La raison dit : « Vague fumée, Où l’on croit voir ce qu’on rêva, Ombre au gré du vent déformée, Bulle qui crève et qui s’en va ? » Le sentiment répond : « Qu’importe ! Qu’est-ce après tout que la beauté, Spectre charmant qu’un souffle emporte Et qui n’est rien, ayant été ! « A l’Idéal ouvre ton âme ; Mets dans ton coeur beaucoup de ciel, Aime une nue, aime une femme, Mais aime ! – C’est l’essentiel ! »

Kamu malı: şairin ölümünün üzerinden 70 yıldan fazla geçti.

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