San Sebastian

J Jean-Pierre Villebramar
0 Altın Yaprak
De la grande promenade donnant sur la baie, ce jour où les nuages d’octobre s’étaient ouverts pour nous laisser leur soleil, leur bonheur ; à deux pas, les hautes murailles de l’église San Vicente, son retable aux personnages couverts d’or. J’ai pensé à la simple tunique du Christ. Le Christ, justement, assis au fond de l’église, désabusé, sa couronne d’épines penchée sur le côté, un improbable bâton sur les genoux. L’air résigné, comme s’il ne croyait plus aux promesses de son père, cela nous a fait -presque- rire ; ou, tout du moins, sourire. San Sebastian. Nous avons aimé faire semblant de nous perdre dans les ruelles carrées de la vieille ville. Il y avait toujours des amoureux pour s’embrasser aux croisements. Ou bien c’était nous, je ne sais plus. Alors nous avons cherché un hôtel, mais il n’y a pas d’hôtels dans la vieille ville, à part le Maria Christina, au coin de la Place face à la mer, il devait être hors de prix sûrement pour s’y aimer le temps d’un soleil entre deux nuages. Nous sommes repartis le regard heureux toi et moi. San Sebastian. Laissant la grande place vivre comme si de rien n’était. Comme vivra le monde après nous, quand nous serons partis, San Sebastian : comme si de rien n’était.

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