Tropique du Cancer

J Jean-Pierre Villebramar
0 Altın Yaprak
À l’heure où se voile la nuit Tropique du Cancer Il me revient en mémoire la saveur de très anciennes amours En des cités où le Soleil ne se couchait que par intermittences Pour prendre le deuil de la terre. Et croyez-moi, Ô vous , marins du «Mogadiscio», C’étaient de fières amantes que nos amies d’alors. À l’heure où tombe la nuit Tropique du Cancer Vite, si vite qu’on n’a aucune peine à se savoir sous de très basses latitudes, Il me revient le souvenir de déchirures oubliées, Car mes bonheurs eurent parfois de tragiques fins. Peut-être vous les conterai-je quelque jour, Car il n’est pas de secret qui ne se puisse partager. Puis vint le temps où le Soleil cessa de se coucher… Tropique du Cancer Et les jours étaient longs et mornes Ô si longs et mornes les jours longs, longs sous leur blanche morsure Et des bonheurs, seule la déchirure. Je t’ai quitté Tropique du Cancer Pour les Pays des Hautes Terres Froides et des Nuits Sombres Je t’ai quitté pour les tempêtes atlantiques et les aurores Pour la chanson du vent sur les genêts au temps d’hiver. Mon souvenir va vers toi Tropique du Cancer Quand s’effaçaient au loin les contours de Fuerteventura. Alors, pour les marins du « Mogadiscio », venait l’heure, Le moment furtif du regret Jusqu’à ce que la première étoile se lève Tropique du Cancer Seulement la première étoile.

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