Le Liseron

A Alphonso De Lamartine
0 Altın Yaprak
Dans les blés mûrs, un soir de fête, La jeune fille me cueillit ; Dans ses cheveux noirs, sur sa tête. Ma blanche étoile rejaillit. Fleur domestique et familière, Je m’y collais, comme le lierre Se colle au front du dahlia ; Sa joue en fut tout embellie ; Puis j’en tombai froide et pâlie : Son pied distrait me balaya. Mais le matin, sous sa fenêtre, Un passant me vit par hasard, Se pencha pour me reconnaître, Et me couva d’un long regard. « Viens ; dit-il, pauvre fleur sauvage. Viens, mon amour et mon image, Objet d’envie et de dédain, Viens sécher sur mon cœur posée : Mes larmes seront ta rosée, Mon âme sera ton jardin ! » Depuis ce jour, rampant dans l’herbe, Je m’enlace autour d’autres fleurs ; J’abrite leur tige superbe Et je relève leurs couleurs ; Et quelquefois les jeunes filles Me fauchent avec leurs faucilles, Pour faire un nuage à leur front : Je nais pâle et toute fanée, Je suis le lierre d’une année. Foulez les pauvres liserons !

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