Le Caire

B Benjamin Delmont
0 Altın Yaprak
La ville se dépouille de sa verdure Un poignard vers l’azur Couvert d’un manteau de poussière Peuplée de marchands, de djinns, et de cadavres. Des visages bariolés, des corps abimés et des ombres Boivent le thé en attendent la mort Et chassent les chats comme ils ont chassé l’espoirs. Des maisons, des abris, des ruines Croulent sous la canicule Et les femmes lisent le livre Des chaises en bois, un ballon et un chien Entrent dans le café Ou la fumée des chichas vient colorer le ciel poussiéreux. Des cris, des fumeurs de haschisch, et un joueur de oud, Accordent leurs sons Au milieu de l’orient qui chante son passé Dieu, un livre et des hommes, Attendent l’appel de la tour Qui scintille dans la nuit humant l’odeur de la ville. Des colliers, des perles et des femmes Dansent et parent la nuit D’espoirs, de vie et de couleur Un jeune, un adulte et un vieux Allument le feu Couleur jasmin comme un linceul dans ce ciel noir. Un zabbalîne et un habitant de la cité des morts, Récupèrent leur vie, Et jouent aux dominos Un jeune homme, une jeune fille, Un homme, une femme Un vieux et une vieille Mettent la nuit dans leurs poches et s’aiment. Au Parc al Azhar, Les nuages gris et noirs, Sont bleues, rouges et vert Les ruines sont palais habités La mort et la vie dansent au son du oud Et les amours impossibles attendent leur tour. Un nuage vierge caresse ce sanctuaire Et son regard rallume les étoiles éteintes par mes yeux. De ce balcon décrépit je contemple la mort partir et la vie revenir.

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