New York

D Didier Venturini
0 Altın Yaprak
Y’a ceux qui fument de longs cigares Dans des voitures blanches à rallonges Qui coincent leur cul sur les boul’vards Tell’ment elles s’traînent comme des éponges V’là l’Hudson River qui dégorge Ses flots noueux lourds comme du fiel Qui sentent la graisse sous l’fer qui ronge Cette vie fragile sous son coin d’ciel Soudain l’orage chute comme une masse Et vient répandre son vitriol Qui défigure ces grandes Jorasses Gainées d’acier et d’alvéoles Le soir sous l’arc des néons La poussière colle au macadam On cherche sa vie comme un filon On ronge ses nuits au feu des flammes On puise nos rêves dans ses artères Sur les fantasmes d’Indiens morts Dans cette musique à fleur de nerf Dans son ciné multicolore Elle est aussi bête inhumaine Quand elle s’entête à dévorer La chair de ses fils comme une chienne Sous ses crocs blancs et acérés Elle expire d’un poumon asthmatique Ses métamorphoses excessives Qui sous ses fièvres épileptiques Animent son ventre de fille active Elle est crédule comme un enfant Et cherche Dieu au coin d’un bloc Sous la voix de ses noirs prêchants A coups de muscles, à coups de crosses Didier Venturini, 1997 Ecouter ce poème en chanson

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