Grimper à l’arbre tendre

M Maëlle Ranoux
0 Altın Yaprak
L’heure a sonné de cesser de sommeiller. De s’emmêler. Il a fini par venir ce moment du réveil. Un rêve, des ailes. Et je goûte la fatigue immense du convalescent. Combat, naissant, laissant, Lentement, place. Le convalescent lent, La convalescente lasse. Et je me lève malgré tout, malgré toujours, maugréant encore. Je vais tirer sur ces fatigues jusqu’à les épuiser tout à fait. Puiser, pincer, secouer, défait, tout est défait. Il n’y a pas de défaite dans la tension pour s’accomplir. Pas de défaite, faites-moi de la place Je peux m’accroupir, Si nécessaire. Si nécessaire effort pour se lever et rester, Debout, V E R T I C A L E . Cale-moi le pied, Je peux tenir. Je peux Avec le temps, le temps des lents, J’en suis. Sous les mots, sous l’écorce, regardez, venez, touchez ! Ça tient, c’est tendre, c’est fort ! Je peux grimper moi aussi. Me hisser vraiment Comme un singe, Joueur, agile, léger, sûr Balançant du bout des doigts Me hisser, moi aussi, En haut de mon arbre. J’y serais bien, dans le vent frais, Ecoutant la mélodie du feuillage libre. Je répondrais aux oiseaux de passage, Les nourrirais de quelques larmes, s’il en reste. Je ne quitterai plus le soleil, Guettant toute la nuit, Comme veillant sur un mort. Chaque matin sera joie, Renaissance, reine, essence. Je crois, Je peux Moi aussi Pourquoi pas ? Pourquoi pas moi ? A la cime de l’arbre tendre Qui veille et pourvoit.

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