Le calvaire

M Marie Krysinska
0 Altın Yaprak
À Raoul Gineste De la lande attristée vers le ciel d’or glorieux Monte la vieille Croix de pierre Aux héroïques bras, jamais lassés De leur geste large ouvert, et sur qui les averses Ont mis l’offrande des mousses. Et tous à genoux sur l’herbe rare Courbant leurs pesantes échines, – Comme font les boeufs au labour, – Ils prient et ils pleurent les admirables Humbles, Les enviables Humbles; Ils pleurent sans rancune, ils prient sans colère, A genoux sur l’herbe rare De la lande attristée – vers le ciel d’or glorieux. Voici nos douleurs, ô Christ Qui aimes la douleur; Bois nos larmes, Dieu Qui te plais aux larmes! Voici nos misères Et voici nos deuils Et l’opaque fumée de notre malice Qui monte vers Ta Face, ainsi Que la fumée des entrailles sanglantes D’un bouc égorgé pour le sacrifice. Et le crépuscule monte de la terre – Comme une vapeur d’encens Monte de l’encensoir – Une miraculeuse Paix efface l’horizon Et s’épand ainsi qu’une fraîche pluie Sur l’aride cœur qui souffre. Et, dans l’ombre commençante La vieille Croix agrandie Semble unir le sol au zenith – Comme un Pont jeté Sur les éthéréennes ondes – Comme un sublime et symbolique Pont, menant De la lande attristée – vers le ciel d’or glorieux.

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