Le Pressoir

T Théodore de Banville Théodore de Banville
0 Altın Yaprak
À Auguste Vitu Sans doute elles vivaient, ces grappes mutilées Qu’une aveugle machine a sans pitié foulées ! Ne souffraient-elles pas lorsque le dur pressoir A déchiré leur chair du matin jusqu’au soir, Et lorsque de leur sein, meurtri de flétrissures, Leur pauvre âme a coulé par ces mille blessures ? Les ceps luxuriants et le raisin vermeil Des coteaux, ces beaux fruits que baisait le soleil, Sur le sol à présent gisent, cadavre infâme D’où se sont retirés le sourire et la flamme ! Sainte vigne, qu’importe ! à la clarté des cieux Nous nous enivrerons de ton sang précieux ! Que le cœur du poète et la grappe qu’on souille Ne soient plus qu’une triste et honteuse dépouille, Qu’importe, si pour tous, au bruit d’un chant divin, Ruisselle éblouissant le flot sacré du vin !

Kamu malı: şairin ölümünün üzerinden 70 yıldan fazla geçti.

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